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Avez-vous entendu parler de MiiMOSA ? C’est la première plateforme participative dédiée exclusivement à l’Agriculture et l’Alimentation. Petit-fils de viticulteur, Florian Breton, le créateur de MiiMOSA, n’échappe pas à son destin agricole en valorisant ces secteurs à sa manière. Florian est passé par Euromed Marseille, et a ensuite travaillé chez Orange sport, puis pour la chaîne M6 dans le sponsoring et en tant que directeur de clientèle. Au vu de son parcours assez atypique, forcément chez Hypee Communication, nous avions quelques questions auxquelles il a volontiers répondu.

En voyant votre parcours professionnel on peut se demander : quel était votre job de rêve à l’origine?

Passionné par le sport, fasciné par les médias et admiratif de l’agriculture française, difficile de partager avec vous un job à la croisée de ces 3 secteurs. En revanche, ayant toujours eu envie d’entreprendre, je réalise actuellement mon rêve. Issu d’une famille d’agriculteurs, j’ai rapidement été piqué par l’amour du terroir et des bons produits; j’ai toujours été très sensible aux évolutions de notre agriculture et de sa capacité d’adaptation. Les agriculteurs sont en mouvement, ils sont devenus au fil des années de grands communicants. A titre d’exemple, contrairement aux idées reçues, 65% des agriculteurs se servent des réseaux sociaux.

Comment se construit un projet pour une plateforme telle que  MiiMOSA?

Je me suis rapidement intéressé à l’essor du financement participatif, dès 2006 aux Etats-Unis et 2008 en France. J’avais déjà la volonté de rapprocher le secteur agricole de ces nouvelles mécaniques de financement, reposant sur un financement citoyen, néanmoins, je trouvais que la France n’était pas encore prête à accueillir ce marché. En 2013, il y a eu une véritable prise de conscience citoyenne, les Français ont ressenti le besoin de se rapprocher des agriculteurs, du monde rural. Dans un premier temps, il a fallu réaliser une étude de marché et rencontrer les acteurs du secteur  afin d’appréhender leurs besoins: politiques, syndicats, comités interprofessionnels, agriculteurs. Début 2014, j’ai accéléré les rencontres avec les différents acteurs, réalisé un business plan comprenant le prévisionnel de développement, puis démarché les établissements bancaires, mené un appel d’offres avec mes prestataires, etc.

Quelles sont les principales difficultés rencontrées lorsqu’on se lance dans ce type de projet?

Les freins à la création de MiiMOSA n’ont pas été extrêmement nombreux car il y avait une attente, un besoin. Un projet doit reposer sur une bonne idée mais également un contexte. En 2008 j’ai eu l’idée, mais le contexte n’y était pas favorable. Ce n’est qu’à la rentrée 2013, au moment où les bonnets rouges faisaient la une de l’actualité, face à une prise de conscience citoyenne, à l’essor de fortes tendances comme les locavores, le patriotisme économique, que le contexte était propice au lancement de MiiMOSA. L’agriculture, en France, ce sont nos racines, nous en sommes fiers. Il était indispensable de réserver à ce secteur un site de financement participatif, plaçant les enjeux de l’agriculture au cœur de nos centres d’intérêt et valorisant les acteurs.

Pensez-vous que les français se sentent investis d’aider les agriculteurs? Ne trouvez-vous pas cela un peu utopiste?

Pas du tout, les f-français ont envie de se rapprocher des agriculteurs. Pour eux, soutenir l’agriculture, c’est soutenir une alimentation de qualité, diversifié mais également le dynamisme économique de nos territoires. La sécurité alimentaire, la quête d’identité locale et régionale, sont des tendances sociétales. A titre d’exemple, de plus en plus de Français souhaitent se nourrir avec des produits provenant de moins de 160 kms de chez eux. Il y a une réelle recherche de sécurité alimentaire et de qualité dans l’alimentation. Il faut savoir qu’aujourd’hui, 50% des français disent ne plus savoir ce qui compose leur assiette. De nombreux consommateurs disent davantage préférer les produits locaux plutôt qu’il y a deux ans, et 81% disent privilégier le Made in France. Les français prônent la relocalisation de l’économie, il y a un vrai patriotisme économique.

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Si vous souhaitez consulter l’étude Ipsos « Les français et le consommer local » complète : http://www.ipsos.fr/sites/default/files/attachments/les_francais_et_le_consommer_local_12_fevrier_2014.pdf

Dans le financement participatif, nous avons coutumes de parler de cercles de contributeurs : le 1er cercle, avec lequel l’agriculteur entretient une relation directe (famille, amis, fans). C’est celui qui est émotionnellement impliqué et qui devient ambassadeur du porteur de projet en partageant sur les réseaux sociaux et en parlant du projet à son entourage qui constitue le 2nd cercle (connaissances indirectes). Ces deux premiers cercles financent une grande partie des projets : 60% des gens financent des projets qu’ils connaissent de manière directe ou indirecte Le troisième cercle est celui que nous souhaitons activer avec MiiMOSA : il n’a aucune relation directe ou indirecte avec le porteur de projet. Nous souhaitons organiser, démocratiser la générosité nationale dans l’intérêt de notre agriculture et alimentation. On veut moderniser l’agriculture et pousser les gens à porter un nouveau regard sur cet univers. L’objectif c’est que MiiMOSA ne soit pas seulement une plateforme participative, mais devienne aussi un site de bons plans : une contribution contre une expérience inédite par exemple. L’agrotourisme et l’oenotourisme commencent à prendre leur envol, et nous voulons nous en servir par et pour les agriculteurs.

On entend beaucoup parler de MiiMOSA en ce moment dans les médias, quel impact cela a-t-il ? Pensez-vous que MiiMOSA peut avoir le même impact qu’une plateforme telle que Kisskissbankbank ou Ulule?

L’impact principal, ça a été l’envolée du trafic sur le site : des personnes venant des 4 coins du globe ont investis, et Bruno TORRES (qui porte le projet de la Brasserie la Baleine, producteur de bières artisanales) a été extrêmement surpris d’apercevoir l’ampleur que cela pouvait prendre. Grâce à ces interventions dans les médias, nous installons une situation de confiance avec les agriculteurs, mais aussi avec les contributeurs et les acteurs extérieurs. Il ne faut pas oublier que développement des plateformes généralistes est un succès depuis seulement 18 mois, avant c’était épisodique. Ce qui me laisse à penser que les projets agricoles et alimentaires vont voir le jour dans les prochains mois c’est que ces secteurs n’ont pas encore pris le virage du financement participatif, le marché est devant nous. Avant MiiMOSA, certains projets provenant de ces secteurs étaient proposés sur des plateformes généralistes, noyés dans la masse, au milieu de projets n’ayant rien à voir avec l’agriculture. Nous trouvons qu’en France l’agriculture mérite d’avoir une plateforme spécialisée. L’année dernière seulement une quarantaine de projets ont été portés sur des plateformes généralistes. Avec MiiMOSA, bien plus qu’une plateforme, nous voulons devenir, pour les agriculteurs, un outil de communication et de développement commercial.

Avez-vous un grand regret ?

Pour le moment, je n’en ai pas vraiment. L’approche a été bonne à mes yeux, en rencontrant les différents acteurs de ces secteurs, que ce soit des personnes morales ou physiques. Etre agriculteur ou un professionnel de l’alimentation, c’est un vrai une vocation, une passion, le sentiment d’appartenance est fort. La meilleure manière de valoriser ces personnes, œuvrant quotidiennement pour nous nourrir et éveiller nos sens, c’était de leur dédier un nouvel outil de financement.

Quel est l’objectif de MiiMOSA d’ici fin 2014 – début 2015? Et sur du plus long terme? Quels sont vos projets futurs?

Le marché du financement participatif est estimé à 6 milliards d’euros, en France, en 2017. Notre principal souhait c’est que l’agriculture puisse représenter une part importante de ce marché-là, la place que ce secteur occupe dans notre société, la place que ses acteurs méritent. En terme de volume de projets, notre ambition est qu’à peu près 1000 projets soient financés d’ici à 2017. On veut valoriser toutes les filières de l’agriculture et l’alimentaire (boissons alcoolisées ou pas, biscuiteries, etc.). Dans les prochains jours, de nouveaux projets vont être mis en ligne, provenant des catégories que nous valorisons sur MiiMOSA. De bons plans sont donc à venir, comme du tourisme au milieu de vignobles mais je n’en dis pas plus. A l’avenir, de nouvelles catégories pourraient voir le jour comme éducation autour des fermes, l’audiovisuels, etc.

Quels conseils donneriez-vous à de jeunes créateurs ou futurs chefs d’entreprise, prêts à se lancer dans un projet?

Il faut être déterminé, confiant, accepter les critiques et les tourner à son avantage et surtout avoir foi en ce que l’on défend. Une simple bonne idée ne permet pas de réussir, il faut la lancer quand le contexte s’y prête et donc faire preuve de patience.

MiiMOSA, c’est l’Idée innovante de cette fin 2014, Florian y a cru, et il a bien fait ! Chez Hypee, on adore, et on souhaite que MiiMOSA évolue comme il se doit dans les années futures.

Merci à Florian Breton d’avoir donné de son temps pour ces quelques questions.

N’hésitez pas à aller faire un petit tour sur la plateforme Miimosa https://www.miimosa.com

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