Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterShare on LinkedIn


Cannes, le soleil, un coca en feuilletant une énième fois mon « Factice » en attendant de retrouver Julie Psaila, que je dois rencontrer pour « l’interview du mois ». Voilà comment s’est déroulé l’entretien avec cette jeune femme qui a monté un beau projet depuis maintenant 3 ans : un magazine de mode qui a su rapidement se faire une place au sein de la presse spécialisée. Et Julie nous raconte comment tout cela est arrivé ! 

 

  • Bonjour ! On va commencer par la question classique : Qui êtes-vous ? D’où venez-vous ? Que faites-vous ?

Bonjour ! Je me présente, Julie Psaila, fondatrice du magazine Factice. Je suis originaire de l’arrière-pays niçois, de Gattières exactement. Je suis diplômée d’une licence de Marketing, obtenue également à Nice. Je n’ai pas dans mon parcours suivi de formation en rapport avec la mode, mais j’ai toujours été très intéressée par ce milieu ; à cela s’ajoute un véritable attrait pour la photographie ; et ces deux domaines se complètent parfaitement.

 

  • Comment est né l’idée du projet « Factice Magazine » ? Aujourd’hui, combien de personnes composent l’équipe ? Et comment sont répartis les rôles ? Ou sont vos locaux principaux ? Sur la Côte d’Azur ? à Paris ? à l’étranger ?

L’idée d’un magazine est née un peu par hasard ; je sortais des études et j’ai été confrontée à la situation que l’on connait aujourd’hui dans le monde du travail ; j’ai eu peu d’opportunités dans ma branche et je ne trouvais rien qui m’intéressait vraiment. J’ai donc décidé de prendre les devants et de me lancer dans ce projet fou.

En interne, Factice, c’est essentiellement deux personnes : mon conjoint et moi. Lui s’occupe de tout ce qui touche à la partie développement web et du design. De mon côté, je dirais que j’ai un rôle très polyvalent puisque je suis en charge de la partie créative, marketing, commerciale ainsi que de la diffusion du magazine.  

boy_Girl

  • C’est tout de même paradoxal d’appeler aujourd’hui un magazine « Factice », compte tenu de sa définition. Pourquoi ce choix à l’heure ou l’on critique le superficiel et l’usage de Photoshop ?

Le choix du nom du projet a été très difficile. Je voulais trouver un nom qui illustre la mode tout en restant dans l’originalité, et cela a été un travail de longue haleine. C’est en lisant un livre de philosophie que je suis tombé sur un mot qui m’a tout de suite marqué : « facticité ». Compte-tenu de la définition de « factice », j’ai trouvé intéressant de proposer de partir sur cette idée là ; Factice, c’est ce qui est faux, ce qui ne représente pas la réalité, un peu comme la mode à certains moments.

Votre réflexion sur Photoshop est intéressante, je n’avais jamais fait vraiment le lien. C’est fascinant de voir que les lecteurs interprètent différemment le magazine tout en restant dans le concept initial.

 

vijat mohindra

lily and lilac

 

  • C’est un projet très jeune et qui a pourtant déjà beaucoup d’ampleur ! Comment expliquez-vous le succès fulgurant de Factice ? Durant ces trois dernières années, quelles ont été les difficultés rencontrées pour arriver là où en est le magazine aujourd’hui ?

Le succès de Factice, je pense qu’il est du à notre démarche sincère. Malgré la vive concurrence, nous avons su nous faire une place rapidement dans le maestrum de la presse de mode. Cela est du à notre honnêteté, et le fait que nous fassions transparaître nos goûts personnels ; les lecteurs et nos collaborateurs ressentent cette authenticité qui se démarque de ce que l’on peut trouver chez nos principaux concurrents. Pour moi il faut croiser goûts personnels et tendances générales ; c’est ce mix qui fait la force de Factice aujourd’hui.

La plus grande difficulté que nous ayons rencontré depuis la naissance du projet ? C’est le temps. C’est un projet tellement vaste et sans limite et le temps reste notre plus grand ennemi.

 

  • Une journée type chez Factice, ça ressemble à quoi ?

Aucune journée type chez Factice (rires). Non sérieusement, évidemment on a des plannings, mais on a du mal a les tenir. Le projet nous prend tout notre temps, mais y a des phases identifiables : organiser les séances photos, la mise à jour du site internet et des réseaux sociaux, la gestion administrative, et tout ce qui est event (soirées, défilés, invitations)…

 

  • On remarque dans votre communication une envie très prégnante de créer un véritable univers autour du magazine. Comment qualifieriez-vous cet univers en quelques mots/adjectifs ?

Beaucoup de mots me viennent en tête. L’idée générale est que le lecteur garde le magazine après l’avoir lu, pour en faire sa petite collection. C’est un magazine de mode, mais aussi un objet à part entière.

En quelques mots, je dirais : Féminin, Glamour, Chic, Luxe.

 

german aleman

michele yong

 

  • Vous avez fait des collabs très hétéroclites, allant de la star de télé-réalité Kim Kardashian à Zombie Boy, célèbre pour s’être fait tatoué la quasi-totalité du corps. Comment s’opèrent les choix en interne ?

L’objectif est que nous voulons rester dans l’actualité. Je sélectionne après les sujets et photos par rapport à nos intérêts et ceux du magazine.

 

  • Votre magazine est assez jeune mais de grands noms qui y figurent déjà. Comment arrivez-vous à attirer ces personnes devant les objectifs de Factice ?

De part nos relations, nous avons ce genre d’exclusivité de personnes connues et cela ne cesse de grandir chaque jour. Je pense que ces personnes connues sont attirées par l’état d’esprit et l’ouverture qui transparait au travers des contenus. Nous puisons dans notre créativité pour construire des projets intéressants et originaux avec eux.

 

  • Certains shooting peuvent être perçus comme controversés car ils sont explicitement dérangeant à l’instar de « Bride & Window » (rien que le titre est angoissant), ou parce qu’ils masquent des messages sur certains problèmes sociaux, tel que le shooting avec Jackie Hardt (référence aux femmes battues). Peut-on vraiment catégoriser Factice comme seulement un magazine de mode ?

Effectivement, nous sommes entre deux ; nous devons faire ressortir l’aspect mode de notre magazine, car par essence c’est un magazine de mode. Mais à long terme, le but est d’inclure de plus en plus de séries photos comme celles-ci. Ce qui est intéressant, ce n’est pas seulement la photo, mais l’histoire qu’il y a derrière. Je voudrais rapprocher l’univers du magazine à celui du cinéma ou de la musique, avec des mises en scènes et des décors ; ce serait nouveau de voir ça sur format papier. Je rapproche toutes ces disciplines, car elles sont interconnectées ; elles font partie d’un large ensemble qu’on appelle l’art. L’émotion est le moteur de recherche de sujets et photos pour le projet.

 

  • Quelles sont les forces qui permettent aujourd’hui à Factice de se démarquer de la concurrence ? Je pense aux grandes références en matière de presse mode. Et quel(s) serait/ent son talon d’Achille ? Ce que vous voudriez changer ou faire évoluer en tant que créatrice du projet ?

L’évolution majeure à long terme serait de  créer un véritable univers autour de séries photos particulières et originales. Nous voulons donner une dimension aux clichés, pour créer un véritable univers, un véritable monde autour de Factice. Le but est de faire transparaître la même émotion que celle que nous avons ressenti en prenant les photos. Si au début, le faussé entre le monde de la mode et moi était une faiblesse, aujourd’hui, c’est devenu clairement une richesse, une force ; nous cultivons notre différence et la vision de la mode que nous avons. Nous n’avons pas été formaté, ce qui nous laisse aujourd’hui beaucoup plus de libertés.

 

  • Vous vous exprimez en anglais, car il semble logique pour un magazine de mode d’adopter cette langue. Regrettez-vous de ne pas vous exprimer en français, vous qui revendiquez néanmoins votre origine française ? Ou vous préférez au contraire vous distancer de l’image cliché du luxe traditionnel à la française ?

Dès les premiers exemplaires, nous avons opté pour l’anglais ; car nous cherchions à nous exporter ; il faut donc se faire comprendre de tous. Malgré cela, nous avons à un moment fait le choix de proposer nos articles dans les deux langues (il n’y a pas deux versions du magazine).

Nous ne revendiquons pas particulièrement notre origine française, mais nous essayons d’y ajouter une dose de « french touch ». Et puis venant de la Côte d’Azur, s’ajoute aussi l’influence « French Riviera », une région qui fait rêver le monde entier. Nous vendons une partie de ces influences au travers de nos photos ; cela est la richesse du magazine, nos sources d’inspirations viennent de plusieurs endroits différents et se compilent dans Factice. C’est une force dans la mode de dire que l’on est français.

 

  • D’ailleurs, où avez-vous le plus notoriété ? dans l’hexagone, ou dans les pays étrangers ? En chiffres, Factice ça donne quoi ? 

Au niveau des chiffres, je ne peux pas vraiment vous dire en détail. Mais nous sommes commercialisés aux USA, UK, Italie, Portugal, Espagne, Canada, Corée du Sud, Autriche, Allemagne et bien sur la France. Les prochains numéros de Factice seront également disponibles dans toute l’Asie et les pays scandinaves. Le magazine est vendu en kiosques, librairies ou encore des concept-stores et des musées.

 

alejandro brito

 

 

 

  • Et demain, le projet Factice, ça va ressembler à quoi ? Et vous, vous voulez que ça ressemble à quoi ? Quelles sont vos ambitions à court, moyen et long terme pour le magazine ?

Nous avons pleins d’idées pour faire évoluer le magazine. Mais je préfère rester discrète sur son évolution. Mais préparez-vous, pas mal de choses vont changer, tout en respectant la ligne et l’état d’esprit du magazine tel que les lecteurs les connaissent !

 

  • Quels sont les conseils que vous donneriez à des jeunes entrepreneurs qui veulent eux aussi se lancer dans le domaine de la presse en général ? et de la presse mode ?

Mon conseil pour des jeunes entrepreneurs qui veulent se lancer dans ce domaine, c’est de rester eux mêmes, de garder leurs idées, et de ne pas faire du copier/coller de ce qui se fait déjà aujourd’hui. Il faut aussi s’armer d’une motivation d’acier et de savoir encaisser les coups durs, car il y en aura surement. Il faut s’écouter et se faire confiance.

zoe economides

Merci à Julie Psaila pour cet entretien ! Retrouvez toutes l’actualité du magazine sur le site officiel Factice mais également sur les Réseaux Sociaux !
Facebook / Twitter / Pinterest / Instagram / Vimeo

Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterShare on LinkedIn
About the author
Leave Comment